Document de référence
Financer une formation au Maroc : CSF, GIAC, OFPPT
Établi le 15 août 2026, d’après les manuels de procédures de l’OFPPT et leurs avenants du 2 juin 2014.
Ce que cette page est, et ce qu’elle n’est pas
Cette page documente un dispositif public marocain. Elle ne propose rien, ne chiffre aucune situation et ne promet aucun remboursement — Grandi n’est pas en mesure de le faire, et le dernier article dit pourquoi.
Elle existe parce que le sujet est mal servi : sur sept sites marocains qui vendent de la formation financée, aucun ne cite les avenants de 2014 qui modifient les règles, et trois écrivent des taux ou des conditions faux. Les erreurs sont relevées à l’article 8, avec le texte qui les contredit.
Tout ce qui suit vient des manuels de procédures publiés par l’OFPPT et de leurs deux avenants du 2 juin 2014. Une seule donnée vient de la presse, et elle est signalée comme telle.
Article 1 · Ce qu’est un contrat spécial de formation
Le CSF est un mécanisme de remboursement. Une entreprise paie une formation, puis en récupère une partie auprès de l’OFPPT. Ce n’est pas une subvention versée au formateur : l’argent revient à l’entreprise, jamais à l’organisme qui a formé.
Le financement vient des entreprises elles-mêmes. La taxe de formation professionnelle est prélevée sur la masse salariale et collectée par la CNSS ; l’avenant de 2014 prévoit qu’une part du produit de cette taxe est transférée chaque année au compte principal des CSF.
- Qui paie la formation
- L’entreprise, d’avance
- Qui est remboursé
- L’entreprise, jamais l’organisme
- D’où vient l’argent
- La taxe de formation professionnelle, collectée par la CNSS
- Taux de la taxe
- 1,6 % de la masse salariale brute — source : Médias24, 18 avril 2026
- Part transférée aux CSF
- 30 % du produit de la taxe — avenant n° 2 du 2 juin 2014
Article 2 · Quelle entreprise peut en bénéficier
La page d’éligibilité de l’OFPPT pose deux conditions : être assujetti à la taxe de formation professionnelle, et être en situation régulière vis-à-vis de la CNSS au titre de cette taxe pour ce que le dispositif appelle « l’année TFP ».
L’année TFP n’est pas l’année civile. Elle s’étend du 1er juillet de l’année N-2 au 30 juin de l’année N-1. C’est une source de confusion fréquente, et elle décide de l’exercice sur lequel les droits se calculent.
La vérification est automatique : l’OFPPT la fait sur les données mensuelles transmises par la CNSS. L’entreprise n’a pas de dossier d’éligibilité à monter — elle a un dossier de financement à déposer, ce qui est autre chose.
Article 3 · Les taux réellement pratiqués
Les taux ci-dessous s’appliquent aux entreprises privées dont la taxe déclarée est inférieure à trois millions de dirhams. Ils viennent du manuel de procédures, et l’avenant de 2014 les confirme sans changement — sauf la dernière ligne, qu’il modifie.
- Formation planifiée, organisme externe
- 70 % du coût retenu
- Formation non planifiée, organisme externe
- 40 % du coût retenu
- Alphabétisation fonctionnelle
- 80 %, plafonné à 3 000 DH par personne
- Formation réalisée en interne
- 70 % ou 40 %, à raison de 800 DH par jour
- Formation longue durée
- Non finançable depuis le 1er juin 2014 — avenant n° 2
L’écart entre 70 et 40 % tient à un seul mot : planifiée. Une action inscrite au plan de formation de l’entreprise ouvre au taux plein ; une action décidée en cours d’année ouvre à 40 %. C’est la distinction la plus rentable du dispositif, et c’est celle que les sites commerciaux escamotent le plus souvent.
Tous les montants s’entendent hors taxes. La TVA reste intégralement à la charge de l’entreprise.
Article 4 · Les plafonds
Le remboursement est plafonné, et le plafond dépend de la taxe déclarée par l’entreprise. Une étude de diagnostic stratégique approuvée relève ce plafond, ce qui est la principale raison de commencer par là.
- Taxe inférieure à 20 000 DH
- 10 fois la taxe déclarée — 15 fois avec une étude approuvée
- Taxe de 20 000 à 200 000 DH
- 200 000 DH — 300 000 DH avec une étude approuvée
- Taxe de 200 000 DH à 3 MDH
- Le montant de la taxe déclarée
- Grands établissements
- Au plus 50 % de la taxe déclarée
La dernière ligne mérite attention : la règle des 50 % ne concerne que les grands établissements — secteur public, banques et assurances de cent salariés ou plus, entreprises dont la taxe dépasse trois millions de dirhams. Elle est régulièrement transposée à tort aux PME.
Article 5 · Le calendrier, fixé par l’avenant de 2014
Les dates ci-dessous sont celles de l’avenant n° 2 du 2 juin 2014. Elles ne se rattrapent pas : une demande déposée après l’échéance ne se repêche pas à l’exercice suivant.
- Demande — action planifiée
- Avant le 30 juin de l’année N
- Demande — action non planifiée
- Avant le 31 décembre de l’année N
- Dépôt du dossier financier
- Au plus tard le 31 décembre de l’année N+1
- Virement après accusé de réception
- 30 jours calendaires au plus
Une divergence existe dans les sources officielles elles-mêmes : la page française de l’OFPPT annonce le 31 décembre de l’année N+1 pour le dossier financier, sa page anglaise le 30 avril. L’avenant tranche pour le 31 décembre. Nous le signalons plutôt que de choisir en silence.
Article 6 · Le GIAC n’est pas le CSF
Les deux dispositifs sont régulièrement confondus, y compris par des cabinets qui les vendent. La ligne de partage est écrite par l’OFPPT lui-même : les demandes de remboursement des actions d’ingénierie de formation relèvent des GIAC.
Autrement dit : le CSF paie la formation, le GIAC paie ce qui la précède — le diagnostic stratégique, le conseil, la construction du plan de formation. Un GIAC est une association à but non lucratif créée par des fédérations professionnelles, et l’accès suppose d’en être adhérent.
- Information et sensibilisation
- 100 % du coût justifié
- Études et conseil en stratégie
- 70 % HT, plafonné à 100 000 DH par entreprise
- Ingénierie du plan de formation
- 70 % HT — 80 % après une étude validée, 100 % si sectorielle
Article 7 · L’organisme de formation doit-il être agréé ? Non
C’est le point le plus mal rapporté du sujet, et le manuel de procédures est explicite. Son point 4.4, que l’avenant de 2014 marque « sans changement », énumère qui peut réaliser les actions : l’entreprise elle-même si elle en a les compétences, les organismes publics de conseil et de formation, et les organismes privés assujettis à la taxe de formation professionnelle vérifiant la condition d’éligibilité correspondant à leur date d’affiliation.
Il n’existe donc ni agrément, ni enregistrement, ni certification préalable conditionnant le remboursement du client. La condition porte sur l’assujettissement à la taxe et la régularité, pas sur un label. Pour un organisme affilié après la fin de l’année TFP, la condition se réduit à l’affiliation à la CNSS.
Une seule exception, et elle est étroite : le label de qualification délivré par le Département de la Formation Professionnelle est exigé pour participer à la procédure du tiers payant, c’est-à-dire pour être payé directement par l’OFPPT. Sans label, l’entreprise avance les fonds et se fait rembourser normalement. Le label décide de qui encaisse, pas de ce qui est finançable.
Article 8 · Trois erreurs répandues, et le texte qui les contredit
Les trois affirmations ci-dessous ont été relevées le 15 août 2026 sur des sites marocains qui vendent de la formation. Elles sont citées sans nommer leurs auteurs : l’objet est de corriger une croyance, pas de désigner quelqu’un.
- « L’OFPPT rembourse 70 à 90 % »
- 70 % en planifiée, 40 % en non planifiée. Le 90 % visait les formations groupées, remplacé en 2014
- « Il faut un organisme agréé »
- Aucun agrément n’existe — manuel, point 4.4
- « Jusqu’à 100 % du coût »
- Plafonné à 70 %. Et le CSF est un mécanisme employeur, pas un droit du salarié
Une quatrième imprécision circule : le dossier se déposerait auprès des chambres professionnelles. Il se dépose auprès de l’unité de gestion des CSF de l’OFPPT.
Article 9 · Une réforme annoncée, et non confirmée
Médias24 rapportait le 18 avril 2026 que la loi 60-17 sur l’organisation de la formation continue devait être révisée dans les deux mois, et que la gestion du dispositif quitterait l’OFPPT au profit d’une société anonyme, opérationnelle à partir de la fin juin.
Au 15 août 2026, nous n’avons trouvé aucune source postérieure confirmant l’adoption de cette réforme, la création de cette société, ni le sort réservé aux contrats spéciaux de formation dans le nouveau régime. L’échéance annoncée est passée.
Tout ce qui précède décrit donc le dispositif tel qu’il est documenté aujourd’hui, et non tel qu’il sera peut-être demain. Cette page portera sa date de révision le jour où une source établira le contraire.
Article 10 · Où en est Grandi, et pourquoi nous ne promettons rien
Nous ne promettons aucun financement, et ce n’est pas une précaution de rédaction. La société n’est pas immatriculée : sans immatriculation, il n’y a ni affiliation CNSS, ni taxe de formation professionnelle déclarée, donc aucune des conditions de l’article 7 ne peut être remplie par nous aujourd’hui.
Le blocage est donc en amont du dispositif, pas dans le dispositif. Les règles, elles, sont connues et écrites ci-dessus. Nous préférons publier ce que nous avons établi plutôt que de garder le silence en laissant croire que le sujet serait obscur.
Le jour où la structure existera et où une confirmation écrite du GIAC ou de l’OFPPT sera obtenue, cet article changera et portera sa date. D’ici là, toute personne qui lit cette page en sait autant que nous sur le dispositif — c’est le seul engagement que nous puissions tenir.
Ce que ce dispositif finance chez nous
Le CSF porte sur des actions de formation, le GIAC sur ce qui les précède — diagnostic et ingénierie du plan. Voici les prestations de ce cabinet qui entrent dans l’une ou l’autre catégorie. Que votre entreprise y ait droit, en revanche, c’est l’OFPPT qui le constate, pas nous.